Trois sujets aristotéliciens
Nestor-Luis Cordero
Professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes I
- L'éthique
jeudi 29 mars 2012 à 15h00
"Êthos" en Grec signifie "caractère, habitude, manière d'être habituelle, coutume". Le pluriel "êthika" fait donc allusion aux moeurs, et, selon Aristote, c'est Socrate qui, le premier, s'occupa du sujet. E Aristote prit la relance: il a consacré trois ouvrages au sujet, l'Éthique è Eudème, l'Ethique a Nicomaque, et l'ouvrage connu sous le titre en latin de Magna Moralia. Il faut dire d'abord que l'éthique es, pour Aristote, un complément de la politique: l'une va avec l'autre, las le but des deux disciplines est la perfection (areté, mot traduit en général par "vertu") humaine, car le bien humain est le fin de toute action. Le sommet de la perfection consiste à agir selon la raison, et celle-ci doit chercher le bien suprême, le bonheur, et la perfection intellectuelle suprême est la vie contemplative. Mais il y a aussi des perfections "morales" qui consistent à choisir une certaine moyenne. Ces deux sortes de perfections doivent agir ensemble.